LES QUESTIONS QUE VOUS VOUS POSEZ (maj 2016)

On a parfois l'impression que Natur-Action s'oppose systématiquement à tout projet?

Natur-Action ne s'oppose pas à tout, c'est une idée reçue que certains diffusent. Nous nous opposons aux projets les plus absurdes, à l'heure où l'on doit faire attention à la nature, à l'environnement. Des années 90 à 2020, notre ville aura étendu son emprise de plus de 50% pour une population à peine plus élevée. Ca s'appelle de l'étalement urbain et nous sommes contre cette vision qui consiste à grignotter toujours plus la campagne.
Alors oui, nous sommes opposés aux ZAD (zone d'activité différée) de Pré-Hembert qui va étendre la ville vers Pornichet et qui a déjà commencé avec le stade de rugby et la cité sanitaine, ainsi qu'à la ZAD des Frémaudières qui étend la ville derrière Océanis jusqu'au carrefour des six chemins, ainsi que les zones de Coulvé-Québrais qui étendent la ville autour des bassins de Coulvé-Québrais et dans des zones humides et sur le secteur au nord de la gare, là aussi zone humide sensible, inondable et protégée où la ville veut construire des bureaux, des commerces et des habitations.

La ville gagne des habitants, où faut-il construire alors?

Les derniers chiffres officiels de l'INSEE montrent tout le contraire! Notre ville ne gagne "que" une cinquantaine d'habitants par an depuis 10 ans, alors qu'on nous fait croire qu'il y a urgence à construire 350 logements... par an! Cherchez l'erreur.
Nous sommes favorables à ce que l'on appelle le "renouvellement urbain". C'est à dire reconstruire la ville sur elle-même, mais nous disons "STOP" à l'étalement urbain qui compromet irrémédiablement notre patrimoine naturel. Que laisserons-nous aux générations à venir?
Au lieu de s'étendre dans la campagne jusqu'ici préservée, on peut raser de vieilles barres de garages, de vieux entrepots, pour construire du neuf en ville.
Et il faut même en profiter pour monter en hauteur. Notre ville a été reconstruite avec des immeubles ne dépassant pas trois étages en centre-ville, et on trouve des maisons dans les rues immédiates de l'artère principale.
C'était une facilité d'après-guerre, mais une erreur en matière d'urbanisme.
Aujourd'hui, le centre-ville doit pouvoir construire des immeubles de 4 ou 5 étages.

C'est pourtant ce qui a été fait sur Laborde et bientôt sur Delzieux?

Non, sur ces deux terrains, il s'agissait de construire des logements privés sur des squares publics. Le genre de chose qui aurait provoqué un tollé général dans de nombreuses villes.
Laborde c'était un espace vert. On ne peut pas raser impunément les rares poumons de notre ville. Pour Delzieux c'est pareil. et dans les deux cas, ces squares ont été volontairement délaissés pendant de nombreuses années (grillages enlevés, pelouses non entretenues, poubelles, bancs et éclairage délabrés...). Le résultat c'est que le jour où la ville a voulu construire, les gens n'avaient plus de coup de coeur pour ces espaces laissés à l'abandon. C'est une stratégie politique sur le long terme.

Mais alors, où construire?

En ville, on peut construire à la place de l'ancienne caserne des pompiers (c'est fait), rue Henri Gautier face aux "cuves" (c'est fait partiellement, il reste des barres de garages), à la place de ces mêmes cuves d'huile qui n'ont rien à faire en ville, à la place des garages situés entre le ruban bleu et Agora. On peut aussi construire à la place du garage "le Morgane", à la place des bureaux de la société Sofia, rue Clémenceau, et partout où l'on trouve de vieux hangars, garages, maisons abandonnées... Sur une centaine de projets en ville ces dernières années, Natur-Action ne s'est opposé qu'à trois ou quatre, dont  Laborde et Delzieux sur deux squares publics.

Les nazairiens contestent souvent l'aspect des immeubles construits, vous aussi?

Natur-Action se bat contre l'etalement urbain, et se félicite dès que des constructions se font en ville, en renouvellement urbain, sauf s'il s'agit de supprimer un espace vert, un square, un jardin public.
Sur l'esthétique des constructions, chacun, y compris dans l'association, a ses opinions, mais ce n'est pas notre souci principal. Les constructions plaisent à certains de nos adhérents, déplaisent à d'autres. C'est pourquoi nous ne prenons pas position sur le sujet. Mais il est clair que d'autres projets concernant le Théâtre ou bien encore les tours de la gare, paraissaient bien plus modernes et moins "béton".

Le front de mer, là aussi vous étiez contre cet aménagement?

Non. Natur-Action a toujours été favorable à l'aménagement du front de mer!
Ce lieu est magnifique et fait l'unanimité chez les nazairiens mais également auprès des touristes. Il est l'un des rares "front de mer" de France avec des arbres...
Mais cet aménagement aurait dû se faire en préservant les arbres. Des ormes centenaires ont été abattus sur la première tranche. Un orme est une espèce en voie de disparition qui doit être protégée quand on a la chance d'en avoir en ville. Ce n'est pas nous qui le disons, ce sont les scientifiques du CNRS et de l'INRA.
Les 7 derniers ormes préservés sur la première tranche ont malheureusement disparu depuis! Laissant des espaces vides... Nous demandons à ce qu'un nombre identique (au minimum) d'arbres soient replandés aux mêmes emplacements.
- Sur la seconde tranche, on avait l'opportunité de créer une promenade ombragée (face à la crèperie "le doux soleil"), avec des bancs, des jeux pour enfants, une terrasse de bar, etc... sous des platanes centenaires. Mais le projet a massacré une rangée complète de ces magnifiques platanes et une bonne partie des autres. C'est absurde! Alors que la ville recherchait à en faire un lieu de promenade, on supprime ce qui pouvait effectivement le permettre. Là on a un lieu de passage, pas un lieu de promenade, pas un but, où l'on vient se retrouver, boire un verre à l'ombre en été. En plein après-midi en été, il n'y a quasiment pas d'ombre sur le front de mer!
- Sur la troisième tranche (2016-2017), il y a du mieux mais trop de platanes ont encore été supprimés. Pire, sur les deux seuls arbres sauvegardés place du Commando... il n'en reste plus qu'un, l'autre étant tombé lors d'une tempête en mars 2016.

Vous critiquez les palmiers, c'est beau pourtant, ça donne un aspect méditerranéen...

Justement, nous ne sommes pas sur les bords de la méditerranée, mais sur les bords de l'Atlantique. Un peu de palmiers c'est marrant, ça change un peu. Mais depuis quelques temps c'est devenu une obsession d'en mettre partout! Avenue De Gaulle d'accord, mais ensuite jusqu'au "petit Maroc". Bon on va mettre celà sur le compte de la continuité de l'avenue de Gaulle.
Puis autour du "ruban bleu", place de l'amérique Latine, place Laborde, l'immaculée, rue Gustave gaté, etc... Pour finir on annonce à nouveau des palmiers rue de la paix à la place des magnifiques arbres qui ont mis vingts ans à atteindre leur forme actuelle. Pourquoi pas des cactus? Natur-Action a recensé plus de 450 palmiers! C'est un délire! D'autant qu'il n'y en a aucun dans le seul endroit où à la rigueur on pourrait en avoir: le quartier balnéaire de st-Marc.
Arrêtons! Un palmier n'apporte rien en matière environnementale. Les oiseaux ne viennent pas y nicher. On pourrait aussi prendre la mairie à son jeu: justement dans le sud, les villes et villages préservent leurs magnifiques platanes pour en faire des lieux de rencontre ombragés. N'oublions pas que le réchauffement climatique est en marche. Même si celà ne se sent pas forcément, chaque année, la température augmente, le désert avance et les ressources en eau diminuent.

Mais si on coupe un arbre c'est qu'il est malade?

Normalement c'est ce qui devrait se faire. Bien que, un arbre malade peut très bien rester en place encore des années. On a vu des arbres malades qui tiennent très bien, et des arbres sains tomber sous le coup d'une tempète. Ca ne peut donc pas être un argument de sécurité, c'est très aléatoire.
Malheureusement la plupart des arbres coupés à Saint-Nazaire ne sont pas malades! Et nous voyons aussi des "tests" par exemple avenue Albert De Mun, rue d'Anjou, boulevard de la Libération... On coupe un arbre au hasard pour voir s'il est malade... Heureusement jusqu'à présent la ville est tombée sur des arbres sains... On imagine le carnage si l'arbre testé avait été malade!
On nous explique qu'il y a des champignons. Mais leur présence ne signifie en rien que l'arbre est malade au point de tomber prochainement.

Vous travaillez avec la mairie de Saint-Nazaire désormais.

Depuis 2 ans, nous constatons un réel changement de la part de la mairie concernant Natur-Action.
Plutôt que de s'affronter en permanence, les deux parties ont compris qu'il était plus raisonnable et plus bénéfique de travailler en bonne intelligence.
Aujourd'hui, Natur-Action a de bonnes relations avec les espaces verts et certains services. Nous essayons de dialoguer, de négocier sur certains abattages prévus. Notre surveillance de tous les instants du "chemin côtier" pour lequel plus de 10 millions d'euros d'argent public ont été investis, se fait en étroite collaboration avec La Carène. Notre asociation n'hésite pas à porter plainte contre les abattages sauvages d'arbres.

Vous avez même planté un arbre au parc paysager!

Oui, et cette plantation était encore inimaginable il y a quelques années! Cet arbre n'est que symbolique, il est loin de compenser les 250 arbres abattus en moyenne chaque année à travers la ville. Nous essayons chaque années d'en sauver quelques uns, en concertation avec les espaces verts afin qu'ils revoient leur plan d'abattage.
Cet arbre Natur-Action (un chêne des marais), a été planté dans le cadre de l'opération "un arbre pour le climat" lors de la COP 21. Plus de 10 000 arbres ont ainsi été plantés à travers la France. Nous aimerions que la municipalité s'engage plus activement dans ce type d'action.
Ce que nous souhaitons aujourd'hui c'est surtout la replantation à l'identique, à savoir au minimum 1 arbre abattu = 1 arbre replanté.

Que pensez-vous du "parc paysager"?

Ce magnifique parc, créé après guerre, est aujourd'hui en mauvais état. De nombreux arbres sont abattus chaque année, et il est urgent de penser à une restructuration globale si nous ne voulons pas le voir disparaitre dans 15-20 ans!
Tous les grands peupliers qui le bordent sont aujourd'hui à la limite de la rupture. Certains cassent ou tombent lors des coups de vent.
Nous souhaitons, plutôt que de voir un jour une coupe générale des arbres, et donc un massacre esthétique du parc, travailler sur un plan de replantations qui pourrait s'étaler sur 15 ans.
En replantant par tranches, l'aspect général du parc serait préservé. Les premiers arbres replantés auraient, au bout de 10-15 ans, déjà une belle allure.
Il faudra aussi repsnser totalement les espaces de jeux, aujourd'hui à l'abandon.

Concernant le "ruban bleu", vous êtiez contre ce projet?

Natur-Action ne s'est jamais prononcée contre le projet du "ruban bleu". Nous avons réagi et protesté contre l'abattage d'une centaine de magnifiques platanes sur les places Marceau et Allende. Pour le reste, c'est un projet commercial de renouvellement urbain, et il vaut mieux voir des commerces s'installer en ville plutot qu'à la campagne sur des espaces encore vierges. Comme pour l'esthétique des immeubles, ce n'est pas notre souci, même si chaque adhérent de Natur-Action a une opinion favorable ou défavorable.

Une charte de l'arbre pour St-Nazaire, vous y pensez?

De nombreuses villes de France, de toutes tailles et de toutes tendances politiques, ont adoptées une "charte de l'arbre". On peut y lire notamment que, dans tout projet urbain, il faut préserver au maximum les arbres en place.
Lors de travaux, les tranchées doivent se faire à plus de 1,50 m du tronc, les troncs doivent être protégés, les racines ne doivent pas être mises à nue, et si par malheur celà arrive, il faut immédiatement les protéger avec de la paille et de la terre fraiche, surtout pas de graviers.
On y lit aussi qu'il est interdit de déposer des objets lourds à leurs pieds, de faire passer des engins de chantier à moins de deux mètres, que tout élagage de branche de plus de 10 cm de diamètre doit faire l'objet d'une autorisation spéciale, qu'avant chaque chantier, un inventaire précis des arbres doit être réalisé, que les entreprises doivent signer la charte, avec des astreintes financières en cas d'infractions.
Aujourd'hui, bien qu'il n'y ait toujours pas de charte de l'arbre (mais nous souhaitons convaincre la mairie d'en adopter une), de gros efforts sont faits notamment sur les chantiers publics. Les arbres sont mieux protégés.
Malheureusement au niveau des constructions neuves, les promoteurs négligent encore très souvent ces mesures. C'est pourquoi il faut rapidement mettre en place cette charte et leur opposer.

Vous avez toujours votre projet de forêt urbaine?

Oui. C'est important pour le futur. Le nouveau maire vient de rappeler début 2016, qu'il souhaite toujours voir la ville atteindre les 80 000 habitants (64 000 aujourdhui).
Comme on l'a dit plus haut, il ne faut plus d'extension urbaine! Il faut profiter des espaces libérés en ville (8 hectares de l'ancien hopital, le site de la station d'épuration de Sautron, l'emplacement du collège de Trélan...) pour construire plus haut et plus serré... tout en évitant les tours des années 70!
Alors il est aussi dans l'intéret de la ville de pritéger un territoire pour y créer une forêt urbaine... Celà ne veut pas dire un sanctuaire interdit d'accès, mais un lieu naturel, protégé avec des activités douces (balades, sensibilisation à la nature, vergers, jardins, plans d'eau..)
Si la ville nous dit "on la fait", et même si la taille retenue est un peu moins importante, pas de problème! Cette fôret ce n'est pas pour nous, ni pour les élus actuels, mais pour nos enfants, pour dans 20 ans. Nous n'avons aucun intéret personnel et immédiat à en retirer.

En dehors des actions pures, que faites vous?

Natur-Action développe depuis de nombreuses années, des actions de sensibilisation à l'environnement: nous organisons des sorties vélo afin de découvrir les beautés naturelles de notre ville et des alentours, nous mettons en place des opérations de ramassage des déchats sur les plages notamment, depuis 2015, nous avons un atelier de fabrication de nichoirs, installés ensuite à travers la ville, fin 2015 nous avons planté (symboliquement) un arbre avec les enfants... mais l'association répond aussi, dans la mesure de ses possibilités, aux sollicitations d'écoles, d'associations... D'autres projets d'envergure sont au programme en 2016.


© NATUR-ACTION 2009-2016 - mise à jour le 31 MARS 2016